de Marc Landré

Le Medef, dont l’assemblée générale se tient à Paris, proposera aussi une négociation sur le paritarisme.

Laurence Parisot réserve une belle surprise aux 1 500 patrons qui assistent jeudimatin à l’assemblée générale du Medef, au Théâtre Mogador, à Paris. Dans son discours de clôture, la présidente du Medef va demander à Nicolas Sarkozy d’inclure dans l’agenda des négociations sociales pour 2009 une réforme du licenciement économique.

Le contenu de cet agenda doit être fixé entre le chef de l’État et les partenaires sociaux lors d’une réunion dont Nicolas Sarkozy dévoilera probablement la date jeudi soir.

La patronne des patrons veut faire avancer ce dossier sur deux points : rendre les licenciements économiques plus rapides, en revoyant les procédures actuelles, longues et fastidieuses.

Et les sécuriser juridiquement, pour limiter les contentieux devant les prud’hommes. Autre objectif de cette remise à plat, que Laurence Parisot rêve de mener à son terme avant les élections internes au Medef mi-2010, pour lesquelles elle a déjà annoncé sa candidature : modifier la définition même du licenciement économique, pour permettre aux entreprises de licencier avant d’être en difficulté financière, afin de sauvegarder leur compétitivité.

Maintes fois évoquée, la réforme du licenciement économique a plusieurs fois été esquivée. Notamment en 2001 lors de la loi dite de modernisation sociale qui visait à encadrer les «licenciements boursiers», et en 2007 lors de la négociation sur la modernisation du marché du travail qui s’est traduite par la création d’une «rupture négociée» entre un employeur et son salarié. Le Medef considère désormais que la question traîne depuis trop longtemps. Et que la conjoncture rend d’autant plus urgente la nécessité d’accorder plus de souplesse aux entreprises.

Déclaration de guerre

Pas sûr que les syndicats partagent cette vision de la «flexisécurité» ! Surtout en pleine crise, justement… Les Thibault, Chérèque et Mailly risquent de considérer la demande patronale comme une véritable déclaration de guerre. Sur les trois derniers mois, le nombre de nouveaux inscrits au chômage après un licenciement économique a grimpé de plus de 16 % ! Et tous les économistes prévoient des plans sociaux particulièrement saignants dans les mois à venir.

Laurence Parisot compte aussi proposer ce matin aux syndicats d’ouvrir une «délibération sociale» sur la modernisation du paritarisme et les moyens d’améliorer la gestion des organismes paritaires (assurance-chômage, 1 % logement…). Son objectif ? Parvenir à un diagnostic partagé avec les organisations syndicales courant 2009 avant de lancer une négociation sur ce dossier également très sensible. À Nicolas Sarkozy, donc, et surtout aux syndicats, de dire s’ils sont partants pour ouvrir ces chantiers. «On se demande s’ils seront en mesure de mener des négociations sérieuses après l’épisode désastreux de la convention d’assurance-chômage où chaque centrale s’est prononcée plus sur des questions politiques que sur le contenu même du texte», s’interroge un acteur du monde patronal.

Cette assemblée générale sera aussi l’occasion pour le Medef de revenir sur la crise, afin d’en expliquer les causes et d’en proposer quelques pistes de sortie. L’organisation patronale pointera notamment la responsabilité des politiques, qui ont poussé la Federal Reserve américaine à maintenir des taux d’intérêt trop bas après les attentats du 11 septembre 2001, ou ont validé les nouvelles normes comptables. Enfin, le Medef accueillera officiellement aujourd’hui dans ses rangs de nouveaux adhérents, dont l’Union française de l’électricité. Tout un symbole pour un secteur qui ne comptait presque, il y a quelques années encore, que deux entreprises 100 % publiques : EDF et GDF.

http://www.lefigaro.fr/economie/200...