Après les records d’abstention aux dernières élections, l’Europe vient de subir sa seconde défaite d’affilée avec la probable reconduction, à la tête de la commission européenne, de José Manuel Barroso, grand chantre de l’ultra libéralisme. « L’homme qui fait détester l’Europe » , titrait il y a peu, Marianne…

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, deux figures de proue du Parti Populaire Européen (288 députés sur 785) ont annoncé leur intention commune de « soutenir sans ambiguïtés » la candidature de José Manuel Barroso.

Le chef de l’Etat s’est évertué au cours de son meeting commun avec la chancelière d’affirmer qu’après tout la « personne importait peu » et d’insister sur le « programme » qui serait confié au futur président de la commission. Et Angela Merkel de rajouter qu’il serait établi « en étroite collaboration » avec le Parlement.

Ce que dit Nicolas Sarkozy est malheureusement faux puisqu’à de nombreuses reprises et ce malgré un consensus au sein du collège des commissaires, Barroso a bloqué des projets afin de ne pas froisser l’intérêt et la souveraineté des États. Dans la reconduction de cet européen cocardier dont la principale réussite se résume à sa réélection au sein de la commission, Nicolas Sarkozy prouve s’il y en avait encore besoin, qu’il ne sera jamais un véritable partisan de la construction européenne.

Pour Sarkozy, l’Union Européenne est un moyen voir un outil, pour rayonner sur la scène internationale et faire oublier les désillusions engendrées par sa politique intérieure.

Ce qui est le plus cocasse dans tout cela, c’est que tant que les Irlandais n’ont pas ratifié le traité de Lisbonne, Paris et Berlin ont refusé d’« acter » la réélection de José Manuel Barroso. Tout simplement pour ne pas envoyer un message négatif aux Irlandais et faciliter au maximum la tâche du 1er Ministre irlandais, Brian Cowen.

Nicolas Sarkozy a ainsi proposé que sa réélection soit effective à la mi juillet sur la base du Traité de Nice mais que les commissaires ne soient pas désignés. Angela Merkel a spécifié qu’il devrait pour cela obtenir, une majorité relative au Parlement.

Le chef de l’Etat a déclaré que lorsque le traité de Lisbonne sera ratifié en Irlande, un second vote pourrait avoir lieu et que de nouveaux commissaires seront désignés. Ca compliquerait la tâche de José Manuel Barroso, qui devrait alors obtenir la majorité absolue…

Source: Betapolitique