Quinze ans plus tard, si bernard Kouchner fustige " l'aveuglement criminel" de François Mitterrand et considère que l'Etat français a "certainement commis une faute politique" lors du génocide rwandais, il participe tout de même actuellement à un gouvernement niant l'implication diplomatique, politique et militaire d'une partie de l'exécutif français au Rwanda, et ce malgré les enquêtes fouillées publiées sur ce dossier*. une position de déni défendu par Nicolas Sarkozy lui-même: " Qu'elles qu'aient pu être les insuffisances de la politique suivi par la France au Rwanda avant le génocide, en 1994, il y avait beaucoup de gens pour dénoncer les atrocités et les massacres commis contre les Tutsis, mais bien peu pour intervenir directement afin d'arrêter ce crime contre l'humanité, comme le fit, seule, la France sous l'autorité d'Edouard Balladur."  Le nouveau président fait ainsi front commun avec tous ceux qui défendent l'honneur de la France au Rwanda, puisqu'il était lui-même ministre du budget en avril 1994.

Samuël Foutoyet, Nicolas Sarkozy ou la françafrique décomplexée, pp. 110-111, 2009, éd. Tribord

* Le Figaro, 26 janvier 2008

**En août 2008, le ministère de la justice rwandaise publiait les résultats d'une commission d'enquête sur le rôle de la France dans le génocide de 1994, accusant l'Etat français d'avoir "participé à la mise en exécution" du génocide de 1994, et en réclamant que 33 hauts responsables politique et militaire français soient poursuivis, dont François Mitterrand, Alain Juppé, François Léotard, Hubert Védrine, Edouard Balladur, etc.