La grève du jeudi 29 janvier sera unifiée. Elle a pour but d'obtenir des mesures favorables aux salariés afin d'atténuer les conséquences de la crise économique. Et de presser le gouvernement à renoncer aux mesures passées, présentes et à venir qu'il a mis et qu'il souhaite met

La grève du jeudi 29 janvier sera unifiée. Elle a pour but d'obtenir des mesures favorables aux salariés afin d'atténuer les conséquences de la crise économique. Et de presser le gouvernement à renoncer aux mesures passées, présentes et à venir qu'il a mis et qu'il souhaite mettre en place.

A lire le sondage publié par le Parisien Aujourd'hui en France dimanche 25 janvier, le premier réflexe serait de se frotter les yeux. Ces derniers temps la grève n'avait pas bonne presse. Et ce n'est pas la récente fermeture de la gare Saint-Lazare, avec ses reportages illustrés de clients (ou usagers c'est selon) pas contents (ou pris en otage), qui laissait présager un tel retournement d'opinion.

En effet, à en croire le sondage, 70 % des Français approuvent la grève prévue pour le jeudi 29 janvier. Dans la langue des sondeurs, on dit « soutenir » ou « avoir de la sympathie pour » la grève. Il y a quelques mois encore, le moindre mouvement social peinait à mobiliser, à tel point que le président de la République avait pu déclarer qu' « en France, il y avait des grèves mais que plus personne ne s'en rendait compte ». Les temps changent...

Une mobilisation tous azimuts

Sympathie a priori des Français pour un mouvement social qui a pour particularité d'être unifié. En effet, l'appel à la mobilisation a été signé par 8 syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, CFTC, FSU ; Sud et Unsa) qu'on a connu moins uni quand il s'agissait de ratifier l'accord sur le chômage ou sur les syndicats représentatifs. L'accord est peut-être de circonstance à la tête des principales centrales mais il semblerait que la base suive, surtout dans la fonction publique. On ne compte plus le nombre d'entreprises ou de secteurs qui ont décidé de relayer le mot d'ordre national. Des magistrats aux salariés de l'automobile, en passant par les salariés de GDF Suez ou de la Banque de France... Ils sont venus, seront-ils tous là ?

Dans la déclaration commune qu'ils ont signée, les organisations syndicales annoncent d'emblée la couleur. Ils estiment que les salariés sont les principales victimes d'une crise dont ils ne sont pas responsables. En conséquence, la journée du 29 janvier a pour objectif d' « obtenir des mesures favorables aux salariés », car, poursuit le texte, « surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de l'emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique ».

Plus que des revendications, un plaidoyer pour une autre politique

La déclinaison de cet objectif premier ressemble ensuite à un réquisitoire de la politique gouvernementale. Ainsi, en est-il des aides versées, qui pour les signataires, doivent avoir pour contrepartie le maintien de l'emploi. L'Etat ne saurait aider les entreprises si ces aides permettent le paiement de dividendes, au prix de licenciement, demandent les signataires. De même, ils souhaitent que l'Etat patron revienne sur sa politique de réduction des effectifs de la fonction publique. Et de demander un amendement de la politique de relance, en faveur des salariés. Pour les syndicats, aucun doute n'est possible : c'est en distribuant du pouvoir d'achat, en augmentant les revenus les plus modestes qu'on relancera la machine économique.

Alors que le gouvernement et la majorité présidentielle traversent la crise répétant qu'il convient d'accélérer les réformes, les syndicats comptent profiter du moment pour demander un retour en arrière sur les principales dispositions sociales adoptées depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy : abandon des lois qui ont remis en cause la réduction du temps de travail et des projets de loi du travail le dimanche. Plus que des revendications, c'est un véritable programme qu'ont rédigé les 8 syndicats.

Si ces revendications rencontrent l'écho du plus grand nombre, il n'est pas besoin d'être grand clerc pour y voir l'influence du krach boursier. Pour preuve, une partie de la déclaration commune réclame des mesures contre « la spéculation, les paradis fiscaux et l'opacité du système financier international. « L'Union européenne doit être au premier plan pour l'exiger », est-il même écrit.

A quelques jours de la mobilisation, lundi 26 janvier, les responsables syndicaux ont multiplié les déclarations présageant une forte mobilisation. Pour ne citer que lui, Bernard Thibault, secrétaire national de la CGT pronostique un mouvement d'une ampleur supérieur à celle « contre le Contrat première embauche ». Un exemple qu'il ne choisit pas par hasard. En effet, l'abandon du CPE avait sonné le glas des ambitions présidentielles de Dominique de Villepin, laissant Nicolas Sarkozy seul en piste. Bruno Julliard, alors leader du mouvement lycéen et désormais membre de la direction du Parti socialiste, a révélé depuis avoir reçu des appels de soutien de l'actuel président de la république. Dominique de Villepin appellera-t-il Bernard Thibault jeudi soir ?


Lire le manifeste signé par les huit syndicats sur le site de la CGT

Christophe Bys

Source: Usine nouvelle